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Texte à méditer :  Plus on prête attention aux coïncidences, plus elles se produisent.
  
[ Vladimir Nabokov ] - Extrait de L'enchanteur
Fiche du film :
ZUIDERZEE


57 / 17

1930
DOCUMENT

ZUIDERZEE

Durée : mn

PAYS-BAS

REALISATION
Joris IVENS


HISTOIRE

Au début du XXe siècle, entre 1912 et 1922, apparut aux Pays-Bas un problème vital pour l'avenir du pays : celui de la surface des terres arables. Dans ces dix années, en effet, la construction de ponts, de routes, le développement des villes nécessitèrent vingt- quatre mille hectares de sols cultivables. «Pays bas» de faible superficie, la Hollande entreprit alors la tâche gigantesque de conquérir sur la mer le territoire nécessaire à son approvisionnement et à son expansion. Le Zuiderzee (en français : mer du Sud), constituait depuis le XIIIe siècle un immense golfe de la Mer du Nord à l'intérieur des terres. Sa faible profondeur interdisait l'accès des navires modernes de gros tonnage. Son intérêt économique disparaissant donc, le gouvernement prit la décision d'en récupérer, par assèchement, deux cent vingt-cinq mille hectares.

Le film décrit les premières phases de cette lutte de l'homme contre la nature : la construction des barrages, avec l'enfoncement des pieux, le montage des coffrages, la préparation et le coulage du béton, la mise en place des portes métalliques. L'objectif prioritaire était de séparer la Mer du Nord de la Mer du Sud et de faire du Zuiderzee une mer intérieure où aménager des polders, c'est-à- dire des terres conquises sur l'eau. Le film culmine dramatiquement avec l'achèvement, à Wieringen, de la digue de trente-cinq kilomètres qui ferme le Zuiderzee. Les flots de la mer s'engouffraient dans le chenal restant à combler avec une violence accrue par l'étroi- tesse du passage. Pelles mécaniques, grues déversaient des tonnes de glaise pour obstruer cet orifice. Lorsque la digue fut enfin achevée, Ivens filmait d'avion la fin, provisoire, de cette épopée.


PETITE HISTOIRE

La version muette, la plus longue et la plus ancienne de ZUIDERZEE, la seule d'ailleurs qui porte ce titre, a été réalisée à la faveur d'une commande passée à Joris Ivens par le Syndicat Néerlandais des Ouvriers du Bâtiment. Pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de sa création, cette organisation souhaitait en effet que soit rendu, par le film, un juste hommage aux travailleurs qui construisaient les Pays-Bas du XXe siècle. Ivens réalisa donc NOUS CONSTRUISONS pour lequel il avait amassé des kilomètres de pellicule qui permirent en outre de monter six courts métrages et un long : ZUIDERZEE.

A partir des trois mille mètres de ce dernier, Hélène Van Dongen, plus tard monteuse de Robert Flaherty (LOUISIANA STORY), livra au gouvernement hollandais un court métrage éducatif sur les techniques de drainage et un autre sur les premiers travaux d'assèchement.

De 1931 à 1933, tandis qu'Ivens réalisait successivement SYMPHONIE INDUSTRIELLE, CREOSOTE, LA CHANSON DES HÉROS (Komsomols) en U.R.S.S. et BOR1NAGE en Belgique, des équipes d'opérateurs continuèrent de filmer l'avancement des travaux d'assèchement du Zuiderzee. Avec ta pellicule ainsi impressionnée et son premier montage de 1930, Ivens réalise NOUVELLE TERRE, moyen métrage sonorisé avec une musique originale de Hanns Eisler et une chanson de Bertolt Brecht « La Ballade des gens qui jettent les sacs». Ce film fut amputé un peu partout par la censure de sa dernière bobine, dont le thème oppose les efforts surhumains de mise en valeur des terres, comme aux Pays-Bas, au gaspillage effréné de céréales, de café, de lait, que l'on jetait par milliers de tonnes au moment même où des millions de chômeurs subissaient partout dans le monde la misère imposée par la crise économique de 1929-1930.




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